jeudi 27 juin 2013

Le cimetière des hirondelles d'Amédée Mallock

Fleuve noir, 10/01/2013, 432 pages.
Lu du 13 au 27 juin 2013.
 
Je l'ai tué parce qu'il m'avait tué... C'est l'unique réponse qu'obtient le commissaire Mallock lorsqu'il interroge Manuel Gemoni, homme honnête et sans histoire, parti un matin à l'autre bout du monde pour assassiner un vieillard qu'il ne connaissait même pas.
Que s'est-il passé dans la tête ou dans la vie de ce jeune papa, professeur d'université, étranger à toute forme de violence ? A quoi bon, pour Amédée Mallock, persister à mener cette enquête alors même que l'on sait avec certitude que Manuel est coupable ? Et comment parvenir à l'impossible : l'innocenter ?
Aux confins du possible, entre l'humidité hostile d'une jungle tropicale et un Paris englouti sous la neige, on retrouve dans Le cimetière des hirondelles Amédée Mallock, commissaire visionnaire qui, bien que misanthrope, n'a jamais cessé de lutter contre l'iniquité foudroyante du monde...

Mon avis : Wouah wouah wouah que vous dire ? Comment vous parlez de ce coup de cœur ??? Séparée en 3 livres qui structurent parfaitement l'intrigue ficelée de mains de maître, cette enquête du commissaire Mallock vous emmènera bien plus loin que vous ne pouvez l'imaginer. L'auteur vous fait passer des douces chaleurs insulaires au froid d'un Paris enneigé et vous promet un voyage dont vous ne sortirez pas indemne. 
Le personnage central m'a beaucoup fait pensé au Commissaire Sharko, cher personnage de l'écrivain Franck Thilliez. Et même si le caractère de ses deux "collègues" se rapproche, Mallock a une légère touche d'exotisme dans ses choix de look vestimentaire. Et pour avoir croiser J.-D. Bruet-Ferreol au Salon du livre de Paris, je dirai bien que son personnage est fort inspiré de l'auteur lui-même ou du moins il y a quelques traits ou coups de pinceaux...
Les couleurs sont omniprésentes tout au long de l'intrigue, remarque à laquelle M. Amédée Mallock m'a répondu ceci :
Amédée Mallock "Le livre 1 du "Cimetière" est écrit en effet dans un camaïeux émeraude, la deuxième partie, la forêt et le puits, dans les ocres et terre de sienne, et la dernière, dans les blancs plus ou moins bleutés de la neige et de la glace !"
L'auteur est également peintre et cela se ressent beaucoup dans son style, dans son choix des couleurs plutôt vives et toujours choisies avec justesse et réalisme. Les décors sont judicieusement décrits et vous place en personnage secondaire, observateur derrière l'épaule d'un Mallock assez attachant
Entre enquête policière, histoires de famille, guerres mondiales, nazisme, voyance, réincarnation, histoire de France, manipulation, vengeance,... j'ai beaucoup apprécié la richesse du vocabulaire utilisé (qui m'a même fait ressortir mon dictionnaire de temps à autre). Beaucoup de choses en sont davantage imaginées par le simple choix des mots.
Il est un peu difficile de vous en parler sans trop dévoilé l'histoire mais l'ensemble de ce livre est d'une telle richesse qu'il vous est impossible de vous lasser. On serait presque tenter de le relire pour en cerner toutes les subtilités.
Le travail d'équipe est également important pour le commissaire qui veille sur ses adjoints presque que comme une mère poule. Les relations entre les coéquipiers font partie intégrante du scénario de l'auteur et prennent une large place dans l'intrigue.
Avec tous ces éléments, je ne peux que dire : Encore !!! Il me faut vite rattraper mon retard et découvrir les autres aventures de ce commissaire Mallock ! 

Et ce n'est pas Marine qui vous dira le contraire : sa chronique est par ici !