samedi 1 juin 2013

Tom est mort de Marie DARRIEUSSECQ

Folio, 19/02/2009, 240 pages.
Lu du 13 au 16 mai 2013.
 
«Je ne dis rien, je ne vois rien à dire. On va me juger sur ma façon de me tenir, et sur la tenue de mon fils, aussi. Il a les doigts sales. Il a les doigts morts. Je pense à ça. Je ne comprends rien, je suis bête. Il est mort, je le vois bien, il semble s'être éteint de l'intérieur comme une lampe. Mais je ne vois pas la cause de sa mort.» Un simple récit, phrase après phrase sur un cahier, pour raconter la mort de Tom, quatre ans et demi, à Sydney, en Australie. Tom a un grand frère et une petite sœur, il a un père et une mère. C'est elle qui raconte, dix ans plus tard, une Française en exil, cherchant ses mots dans les Montagnes Bleues.

Mon avis : L'ordre des choses veut qu'un parent ne survive pas à son enfant et pourtant parfois ça arrive. Loin de larmoyer contre cette évidence, l'auteure dévoile ses pensées, aussi confuses soit elle. Tel un journal intime, Marie Darrieussecq raconte tout se qui lui passe par la tête, ses doutes, ses peurs, ses maladresses, ses ressentiements,... La mort est encore et toujours un sujet tabou, peu évoqué au sein de la famille, et c'est quand elle arrive sur vous, que vous prenez conscience de sa violence, de son mal. On a beau savoir qu'un jour, "ça" arrivera, on n'est jamais vraiment préparé à la rencontrer de visu. Ce livre est le récit d'une mère dévastée par le chagrin, perdant pied dans sa vie quotidienne, dans son sentiment d'appartenance à une famille, à un pays, à une maison. Car bien au-delà du malheur qui nous frappe, c'est tous nos fondements qui sont remis en question.
Je ne peux pas parler de "plaisir" de lecture mais bien loin d'être un récit larmoyant, l'auteure livre par ces mots son propre travail de deuil. Sa confusion m'a en quelque sorte rassuré tant elle m'est familière.


Avec  ce titre, je valide ma participation à la 16ème session du challenge de Calypso :