mercredi 21 août 2013

L'île des oubliés de Victoria HISLOP

Les escales, 10/05/2012, 431 pages.
Lu du 11 au 21 août 2013.


L’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux... et son arrière-grand-mère y aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets... Bouleversant plaidoyer contre l'exclusion, L'Île des oubliés, traduit dans vingt-cinq pays et vendu à plus de deux millions d'exemplaires, a conquis le monde entier.

Mon avis : Il arrive toujours un moment où l'on se pose des questions sur sa généalogie, sur ceux qui ont été avant nous. Qui ne s'est pas demandé comment et pourquoi on est né dans ce pays, cette région, cette famille ? Telles sont les explorations traitées par Victoria Hislop dans son premier roman. 
Alexis, la plus jeune héroïne du livre souhaite déjà découvrir l'enfance de sa mère et surtout comprendre son silence sur sa famille. Refusant de lui répondre, cette dernière finit par la diriger vers l'ancienne amie de la grand-mère d'Alexis. Celle-ci accepte bien volontiers de lui retracer la vie de ses grands-parents et du reste de sa famille. Dès lors, et avec en toile de fond la seconde guerre mondiale, c'est toute la vie d'un village qui renaît dans les mots de cette femme crétoise. 
La lèpre, un mal qui ronge de l'intérieur et qui condamne à l'exil à toute personne atteinte, s'impose comme personnage principal de la vie de famille des ancêtres de la jeune Alexis. Mais bien loin d'en tirer un portrait sordide, l'auteur démontre le combat de ces "oubliés" qui feront tout pour survivre dans cette Europe en guerre et semble-t-il peu concernée par le destin de ces quelques centaines de malades.
Les mots sont justes, décrivent le quotidien quelque peu bousculé de ces crétois presque tout autant isolés que leurs "lépreux". On y retrouve des thèmes forts comme l'amour, l'amitié, la rivalité, la jalousie mais également l'espérance et la combativité.
Un livre qui vous emmènera dans les contrées reculées de la Crète, dans un passé que l'on souhaiterai ne pas avoir connu mais à ne pas oublier pour autant.