mercredi 1 juin 2016

Les défis délires littéraires #1




Quand Lau Lo du blog Evadez-moi m'a proposé de participer à son atelier d'écriture,
je n'ai pas hésité une seconde.
D'autant que le thème, complètement délire, me tentait bien.

Voici le thème de ce 1er rdv, Les cornichons de la discorde !!!
Et voici mon texte :

Avril… Les premiers bourgeons du printemps avaient déjà fait leur apparition sur les frêles branches des arbres du jardin.

Un frisson la sortit de sa léthargie et son regard se détourna de la fenêtre. Les deux mains agrippées à sa tasse de thé fumante, elle sirotait son thé pour le faire durer et essayait tant bien que mal de se réchauffer.

La douceur des jours précédents semblaient tellement loin en cette journée grise et pluvieuse.

Un coup d’œil à l’horloge de la cuisine lui fit réaliser que la soirée arrivait bien vite et qu’il n’allait pas tarder à rentrer du travail.

Son menu « salade composée-rosé » lui paru soudain bien ridicule et elle se mit à réfléchir à un autre plat. Heureusement, elle avait fait un plein de courses la veille. Pas facile de s’organiser lorsqu’on ne connaît pas à l’avance le planning de travail de sa moitié. Un collègue malade et les journées s’allongeaient d’un coup.

Soudain, elle eut envie de lui faire plaisir, elle se dirigea vers le garage. Ouf, la boite était simplement posée sur une étagère à côté des vélos dont ils n’avaient plus le temps, ni l’envie, de s’en servir.

En équilibre précaire, elle parvient à l’attraper. L’envie lui pris aussi de mettre une jolie nappe, elle reparti alors à la farfouille dans le garage. Elle hésita entre deux modèles, se rappelant que la bleue était un cadeau de sa belle-mère au dernier Noël, elle opta pour celle-ci.

Rapidement, par habitude ou par usure, elle mit le couvert, installa l’appareil et ses accessoires.

Elle sortit du frigidaire les différents ingrédients et les disposa dans un grand plat qui paru un peu vide pour deux. Finalement, elle agença le tout différemment, essaya de faire quelques fleurs comme elle avait vu lors d’une émission de télévision, quelque chose qui sorte de l’ordinaire.

Une pensée lui traversa l’esprit : pourquoi vouloir changer quand on a tout ce qu’il nous faut ? Mais un jour ou l’autre, ça allait bien arriver… Il le fallait…

L’eau se mit à bouillir dans la casserole, un nouveau coup d’œil à la pendule… le timing devait être bon.

En effet, 30 minutes plus tard, la porte s’ouvrit sur un homme au regard fatigué, au dos légèrement vouté par le poids de ce travail si physique. Sa peau bronzée par les heures passées sur les chantiers sous le soleil de plomb faisait ressortir ses yeux noisette. Son regard l’avait tout de suite attirée et le reste avait suivi comme une évidence.

Posant à la va vite manteau et sac, il s’approcha d’elle et posa les lèvres sur sa joue juste au coin de sa bouche. Elle ferma les yeux pour donner plus d’intensité au moment, pour le faire durer un peu plus.

Détournant la tête, il vit la table mise et sourit. Il s’était justement dit au cours de la journée que c’était un temps à se faire une soirée comme ça.

Ils s’installèrent à table et l’air se parfuma rapidement du fumet si caractéristique du fromage fondu.

Un silence s’installa, tous les deux absorbés par le contenu de leur assiette. Instant précaire qui se brisa par un « Ils sont où les cornichons ? ».

La panique se lut immédiatement dans les yeux de la femme et elle se mit à bredouiller : elle l’avait noté sur la liste mais elle était partie sans. Une fois arrivée à la maison, elle s’était rendue compte de son oubli mais n’avait pas pu retrouver en courses.

L’homme rugit, beuglant qu’une raclette c’était comme une bière sans mousse ou une pizza sans olive ! « Ou une maison sans enfant… » ajouta la femme.

Il s’arrêta net. Et d’une petite voix répondu «  oui aussi ». Réalisant que la priorité n’était sûrement dans un bocal de cornichons, il s’approcha d’elle, l’enlaça et lui murmura «  pardon » dans l’oreille. Ils s’embrasèrent pour ne pas dire tous les mots qu’ils pensaient chacun de leur côté sans oser les prononcer de peur qu’ils soient irrémédiables et ne coulent leur frêle coque.



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