dimanche 14 avril 2013

Et si c'était mon histoire #3


RAS dans ma boite aux lettres cette semaine et puis ça faisait longtemps que je ne vous avais pas présenter ce rdv.
Pour une fois, ce n'est pas le titre ou l'histoire d'un livre qui m'inspire 
mais une chanson, celle de Juliette Nouredine : A voix basse !


Lettre de motivation d’une lectrice boulimique

Comme dirait Obélix, je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite !!!
Mon instit de CP avait quelques curieuses méthodes d’apprentissage, alors ma Maman a décidé de m’apprendre à lire à sa façon : la fameuse méthode Boscher… Vous savez, le pur syllabique où vous répétez en boucle ba, be, bi, bo bu et compagnie !!!
Heureusement pour moi, je m’en suis vite dépatouillée de toutes ces syllabes et me suis alors mise à commettre un délit terrible : le « dévalisage » de bibliothèque !!! Oui oui et en plus avec la complicité de la bibliothécaire qui me demandait mes listes de lecture pour ravitailler ses stocks !!! Une fois épuisés le rayon enfant, et surtout la collection des Castor poche, elle m’inscrivit - privilège suprême, car je n’étais pas en âge d’y accéder - à la section adulte !!! A moi les Agatha Christie, les Stephen King et autres… Le paradis m’était ouvert…
Curieusement, je n’ai aucun souvenir de mes parents me, ou nous (mes frère et sœurs) lisant une histoire le soir. Pourtant, je suis convaincue qu’ils le faisaient.
Moins pressée de lire les livres obligatoires du collège, j’attendais avec vive impatience les mercredi après-midi où pendant que mon petit frère faisait le plein de BD et mes sœurs de Tom Tom et Nana, je parcourais les rayons du 1er étage dans le plus profond recueillement, tout en essayant de ne pas faire grincer les lattes du parquet.
Puis vint le lycée et ses œuvres plus classiques et philosophiques… Bof bof : quelques découvertes, mais mes lectures empruntés me firent passer quelques nuits blanches non réglementaires.
Arrivée à Paris, ce fut l’université et le rayon livres d’occasion de la grande librairie Gilbert Jeunes qui épanchèrent ma faim boulimique !!! Gestion du budget parfaite, une première pile d’achat dévorée en quelques jours et aussitôt revendue, puis retour dans le rayon !!! Résultat de ces trois années de fac : quelques livres dans ma bibliothèque mais les histoires d’Hitchcock littéralement avalées, les aventures du Dct Scarpetta de Patricia Cornwell dévorées, les romans des sœurs Brönte dégustés, les œuvres de Grisham épuisées, mais aussi quelques livres de linguistique et surtout ceux sur l’apprentissage de la parole chez l’enfant,…
Mes années d’IUFM furent plus sages, eh oui il faut bien devenir un peu plus « professionnelle », mais je découvris les albums de jeunesse qui firent le bonheur de mes premiers élèves !!! Et je partis dans des pays imaginaires avec de drôles de personnages, dans des mondes plus colorés les uns que les autres, avec des animaux en pagaille, presque plus humain que nous… Dès lors, mes visites au rayon Enfants-jeunesse se multiplièrent dans la grande librairie que je connaissais alors comme ma poche.
Premier vrai poste dans un établissement médico-éducatif… Et là, c’est à mon tour de transformer mes livres pour les rendre accessible à mes nouveaux élèves : plus gros, réécrit en couleurs, en puzzle,… Nous travaillons même sur la création d’un album avec un auteur-illustrateur de livres de jeunesse.
De moins en moins de préparation pour de plus en plus d’improvisation… Le temps gagné redonne vie à ma boulimie. La faim se réveille, gronde dans mon corps, dans ma tête… Alors je reprends du temps pour moi, pour ma passion : les livres. D’abord c’est dans les transports pour fuir la grisaille parisienne, pour m’échapper du brouhaha quotidien. Puis c’est le soir, forcément avec les programmes que nous proposent les chaines, le choix est vite fait. Puis c’est le réveil que je décale, quelques minutes entre le petit déjeuner et la douche (d’abord pour la digestion), puis c’est un quart d’heure, vingt minutes, vingt-cinq… Bon allez trente minutes maxi !!! Et ça devient le starter de la journée !!!
Pas un jour sans un livre dans mon sac, voire deux si le premier est bientôt fini. Je lis dès que je peux. La grand-mère de mon compagnon m’a même retrouvé, confortablement assise sur un canapé chez un marchand de meuble, en train de lire en les attendant. Je prendrais presque le trajet le plus long pour lire davantage, je peste dès qu’il y a du monde car c’est plus incommode de lire debout. Ah oui, j’ai déjà oublié de descendre du métro tellement j’étais plongée dans mon livre… J’ai déjà lu en marchant, quelques pas en sortant du métro pour finir la page ou le chapitre et ne pas m’arrêter en plein milieu.
Je lis, je lis et je lis, de plus en plus comme pour combler une faim sans fin. Je profite du fait que je n’ai pas encore d’enfants car je me doute bien que mon temps de lecture sera plus restreint…